publication cercle Emile Coue
10. Les Pauvres
Le Collège avait, peut-être déjà, une réputation d’école bourgeoise, une école pour les enfants de cadres et de professions libérales, comme on dira plus tard. En tout cas, je n’ai jamais eu cette impression lorsque j’y étais élève. Je me souviens surtout qu’on nous parlait souvent des Pauvres et des Missions. Il arrivait d’ailleurs assez régulièrement qu’on fasse des collectes à leurs intentions. Les Missions, c’était à cette époque la grande affaire des jésuites, qui avaient à ce sujet un passé glorieux. Pour nous, c'était un peu Tintin au Congo. Petite parenthèse: j’ai l’impression qu’aujourd’hui, chez les bien-pensants, on entend plus souvent parler de prosélytisme que de missions: "Allez donc, enseignez toutes les nations ..." (Mt., 20: 19)
Quel tête-à-queue!
Mais revenons à nos pauvres: que signifiait exactement ce mot dans la tête d’un enfant de Primaire? Difficile à dire. A ce moment, il n’était même pas imaginable d’inventer la notion de seuil de pauvreté – cette définition statistique permet de dire qu’aujourd'hui (en 2013), 15% de la population de notre pays vit sous le seuil de pauvreté! De toute façon, cette notion de seuil de pauvreté n'est pas compréhensible par nos chères têtes blondes.
Je crois qu'à 10-11 ans, je pensais d’abord aux mendiants
que je connaissais quand nos instituteurs ou les jésuites nous parlaient des pauvres. En pratique, il fallait aider les pauvres, c’était le devoir d’un chrétien. Je crois bien qu’on était tous convaincus qu’il fallait leur donner de l'argent si on voulait aller au ciel.
Au Collège, on y insistait très fort alors qu’on parlait très peu des pays pauvres, plutôt appelés terres de missions. Les expressions Tiers-Monde et surtout Quart-Monde ont eu leur succès bien plus tard.
Je devais être en 5e primaire lorsque deux (je crois) grands de Latines vinrent dans notre classe pour faire la collecte traditionnelle (était-ce chaque semaine ou chaque mois?) pour les pauvres. Ce jour-là, je n’avais pas demandé à maman de me donner quelques francs. Mais, par hasard, j’avais été porter une commande à une cliente, madame Dubois, habitante de la rue Jean Jaurès à Ottomont, près du terminus du tram 5, que je prenais quatre fois par jour. Cette dame, qui commandait souvent par téléphone, avait prévenu qu’elle allait payer avec un billet de 100 FB. Maman m’avait donc donné l’argent pour rendre sur les 100 FB. Pour se faire une idée, il faut savoir qu’un pain d’un kg coûtait à cette époque 7,50 FB!
J’étais particulièrement gêné de n’avoir rien à donner à cette collecte si importante. Au fur et à mesure que le collecteur se rapprochait de mon banc, je sentais mes joues s’enflammer… Mon bon cœur (!) l’a emporté sur tous les raisonnements que ma petite tête pouvait faire à cette époque et j’ai royalement donné le billet de 100 FB! J’avais sauvé la face et même un peu plus… Je suppose que les organisateurs de cette quête ont été surpris en découvrant ce gros billet.
Le retour à la maison n’a pas été glorieux: la générosité avec l’argent des autres avait des limites. En fait, je le savais que cet argent ne m'appartenait pas. Et puis, on devait être généreux mais pas trop…
Mon ancien élève François-Xavier Destate (Rh.1971) m’a écrit tout récemment une anecdote qui montre bien à quel point les jésuites insistaient sur la générosité, surtout sur celle qui coûtait un réel effort.
Pour la Saint-Nicolas en première primaire, nous avions reçu un sachet garni de toutes sortes de bonnes choses (guimauve, etc.) mais le
père Nachtergael, préfet de discipline de l'époque, nous avait parlé des
pauvres et nous avait invités au partage ; moi, comme un gros
bleu, je lui rapporte mon sachet intact à la récréation ! Et
voilà qu'il me met sur les marches de la porterie, demande
l'attention de sa voix de stentor et, du haut de sa stature,
déclame mon nom et mon désintéressement : je ne savais plus où
me mettre mais maintenant toute la cour me connaissait…
De ma cinquième primaire, je garde peu de souvenirs. Je retiens d’abord que le premier jour de classe est un véritable jour d’enterrement pour moi: celui des vacances. D’autant plus que notre nouvel instituteur, M. Armand Plumhans (décédé récemment, le 6 mars 2007), n’est vraiment pas
sympathique. Comme accueil, il nous impose d’étudier dans le livre d’histoire une page entière pour le lendemain; et chez moi, ça ne rentre pas. Je pleure de rage en constatant que ma mémoire est en panne. Manque d’entraînement? Cet accès de colère – péché capital, qui ne m’afflige plus aujourd’hui (j’en ai d’autres!) – m’a repris au moins une fois à propos de l’étude du petit catéchisme: j’ai jeté celui-ci au mur parce que je n’arrivais pas à retenir par cœur les réponses aux questions imposées. Je suppose que j’ai avoué ce péché en confession.
En tout cas, je suis sûr d'avoir réussi puisque je viens de retrouver le diplôme de l'époque.On sait à peine lire les signatures: M. Plumhans pour les Professeurs et le R.P. Derouau pour le Recteur.

En 6e, on a la double chance de retrouver M. Schreurs et de découvrir un nouveau préfet de discipline: le père Nachtergaele succède à Wankenne-la-Terreur. C’est un homme beaucoup plus rond, dans tous les sens du terme.
La classe est tellement nombreuse qu’on crée fictivement deux groupes (les A et les B), mais on ne s’en aperçoit qu’au moment de jouer au football en récréation, sur la largeur de la cour, entre l’actuelle salle des profs et une grille qui donne sur le jardin, où l’on ne peut pénétrer qu’avec la permission expresse du surveillant. Notre capitaine s’appelle Jules Nyssen (j'aurai sa fille comme élève 35 ans plus tard), nettement plus fort à l’extérieur qu’à l’intérieur de la classe.
Le maître est tout aussi agréable qu’en 4e, mais il ne badine pas avec la discipline. Entrant en classe en rang et en silence comme le règlement l’impose, je tape sur l’épaule de celui qui me précède pour lui souffler un petit mot rapide. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche que j’entends la grosse voix de Schreurs: Janssen, le verbe se taire à tous les temps! Mais, Monsieur, je n’ai rien dit, objecté-je. Non, mais vous alliez le faire, me rétorque-t-il. Fin de la discussion. J’ai un peu râlé, mais je l’ai accepté: dans le fond, il avait raison. J'ai toujours reconnu mes torts, mais parfois après de longues années.
La 6e est l’année des communions solennelles et des goûters d’amis qui en découlent. C’est alors, en voyant leur maison, que je prends conscience qu’il y a en classe des gens nettement plus aisés que nous, des fils de médecins, par exemple: Jean Mathieu, devenu professeur de français à Saint-Vith, et mon copain de l’époque René Minguet, aujourd’hui chirurgien à Verviers. Je côtoie aussi Jean-Pierre Deblanc, le fils de l’agent de change verviétois qui a succédé à son père. Ce pauvre Jean-Pierre ne lit toujours pas couramment en 6e latine: à se demander comment il a réussi. Ces différences de classe sociale ne me traumatisent pas du tout, heureusement. Il est vrai qu’en tant que fils de commerçant, je suis habitué à rencontrer des personnes de toutes les catégories sociales (tout le monde mange du pain!) et que ça ne m’impressionne pas vraiment.
Les matchs de football nous passionnent: c’est l’époque où le CS Verviétois (matricule 8), qui joue au terrain du Panorama, est en division I. On organise un grand championnat à l’occasion des jeux de Saint-Louis de fin juin. C’est le sommet de l’année, comme aujourd’hui. Mais les finesses de l’analyse française sont loin de nous laisser de marbre. Je peux dire qu’il y a une véritable émulation à l’occasion de ces cours présentés comme préparatoires au latin. Le cours de musique de M. Siquet tourne quasi systématiquement au chahut, mais les leçons de religion d’un sinistre père Cappelle, surveillant par ailleurs, sont assommantes à en devenir parpaillot: quel type imbuvable!
En revanche,
nous aimons beaucoup le père Pietje Van den Bossche, même si on s’en moque parfois. Sa fonction principale est de nous occuper lors des récréations. Durant le long temps de midi, il organise des jeux pour tous ceux qui dînent au Collège: je me souviens du fameux jeu de drapeaux dont les élèves raffolent; je regrette parfois de devoir rentrer chez moi pour dîner. En hiver, lorsque la neige apparaît, ce qui arrive plus d’une fois entre 1952 et 1956, il construit avec art et entretient avec amour le toboggan de neige qui fait notre fierté et notre joie. A chaque récréation, il est là avec quelques grands d’humanités pour organiser l’utilisation de cette œuvre à la fois grandiose (dans ma mémoire) et fragile. Chacun passe à son tour et profite ainsi au maximum des 15 minutes de récréation du matin, qui deviennent souvent 25 ou 30 avec la complicité de nos instituteurs, enchantés de voir nos
minois réjouis.
Le 12 septembre 1955, le Collège est encore en travaux: on construit la salle de cinéma du Centre, qui sera inaugurée le 27 janvier 1956 par Mgr van Zuylen, évêque coadjuteur de Liège. Le cinéma remplace en fait une grande salle d’étude avec ses immenses portes (dont on voit encore aujourd’hui les traces), le bureau du préfet de discipline et une autre classe. Cette année scolaire se termine par les terribles inondations dues au biez de Dison. Verviers est sous le choc.
12. La 6e Latine A
En septembre 1956, je vais découvrir le secondaire. A cette époque, les élèves qui ne viennent pas du Collège doivent réussir un examen d’entrée pour être admis en 6e Latine: la matière reine est justement l’analyse. On en reparlera.
Mais, comme promis depuis belle lurette, la veille de la rentrée, maman me
conduit à Liège pour m’inscrire à l’internat d’un autre collège! Elle estime que les études sont trop sérieuses pour risquer de les bâcler dans le contexte qui est le mien: toujours distrait par le magasin. Mais comme elle a la manie de s’y prendre toujours à la dernière minute (elle n’est jamais arrivée au début de la messe alors qu’il suffisait de traverser la rue pour pénétrer dans la chapelle!), elle se décide encore in extremis. J’espère secrètement que ça ne marchera pas. Nous sommes allés visiter Don Bosco, rue des Wallons, qui a une section latine. On est reçu par le directeur. Ma mère hésite. Tous comptes faits, la qualité de l’air lui paraît suspecte…et c’est ainsi que je me retrouve dans mon Collège encore pour un an.
J’entre donc le lendemain en 6e Latine A, la classe de M. Jacques Martiny. L’autre 6e est dirigée par M. Louis De Donder, qui a Jean Gillot comme élève cette année-là. Jean, en provenance de Saint-Michel, a donc réussi l’examen d’entrée délivrant le sésame pour Saint-François-Xavier. Dans ma classe, je découvre beaucoup de nouvelles têtes, c’est assez impressionnant.
Voici les noms que je reconnais (aidé par quelques camarades) sur cette photo de la 6e A; de haut en bas et de gauche à droite (j’ai noté une astérisque pour les élèves qui sont devenus papas d’élèves du Collège).
4e rang (au-dessus): Christian Devos, Georges Stembert*, René Minguet*, Köttgen, Maréchal, Paul Bodart, Jacques Burguet* - 3e rang: Paul Reul*, Pierre Groenecheld, Jacques Debaar, Jean Janssen*, Jacques Thiry, Andrien, René Peelen;
2e rang: Henin, Proumen, Jean Daniels, M. Jacques Martiny, Jean-Pierre Deblanc, ?, Joseph Schroubben - 1er rang: Michel Crickboom, Demoulin, Plumhans, ?, Wambeek, ?, Léon Winandy, Jean-Claude Bodart et Marcel Brixhe.
Jacques Martiny, très bon pédagogue, véritable amoureux du latin (9h/semaine), nous donne aussi français (5h), math (4h) et géographie (1h). A la fin de cette année-là, il est allé faire son régendat de peur de ne pas être «régent-assimilé» lors de l’application du futur Pacte Scolaire. Il aurait pu s’en passer! Louis De
Donder (qui bénéficiera du statut grâce à son ancienneté) nous donne histoire (2h), Hubert Peeters, néerlandais (4h), le père Willame, religion (2h), et Joseph Roba
gymnastique (1h). Je crois que l’on a encore de temps en temps de la musique et, initiative très appréciée, nous allons chaque semaine au bassin de natation (Bodeux) de la rue de Dison, pour apprendre à nager. Notre classe se situe au premier dans le local qui sert aujourd’hui à l’aumônerie. La 6B est au second étage.
Comme José Troupin (assis à l'extrême droite sur la photo ci-dessus) est alors en rhétorique, il joue à l’ancien et me tuyaute sur le seul prof qu’on peut chambarder: Peeters, le prof de néerlandais, surnommé Barbapoux. C’est un véritable Anversois, à l’accent flamand prononcé, qui s’est installé à Banneux dans l’espoir d’un miracle qui guérirait un de ses enfants anormal. En fait, c’est un saint homme, mais un peu naïf. Il a une dévotion toute particulière pour la Vierge Marie. Quelques années plus tard, il intégrera une secte qui l’enverra au Canada en tant qu’évêque… Cette Eglise dissidente avait élu un pape du nom de Clément XV. Evidemment, j’ai appris tout ça 9 ans plus tard, quand je suis devenu prof moi-même.
Comme prévu, j’ai immédiatement chahuté ce brave homme et me suis retrouvé dans le couloir dès le second cours, je crois. Est-ce pour ça que j’ai toujours traîné une faiblesse dans la langue de Vondel? Possible.
Malgré l’examen d’entrée, il y a encore des élèves qui peinent en 6e Latine, à tel point que chaque année, après les examens de Toussaint, certains élèves quittent le Collège pour se réorienter. Le latin à dose intensive ne pardonne pas! On a trois séries complètes d’examens et toujours les mêmes cartes de couleur comme bulletins hebdomadaires. Je ne crois pas que les réunions de parents existent déjà, mais la cadence des bulletins permet à ceux-ci de bien réaliser la tournure des événements. Evidemment, les parents qui confient leurs enfants au Collège sont presque tous des catholiques pratiquants, donc leurs fils de 12 ans aussi. Nous sommes tenus d’assister à la messe de 8h05 tous les jours de la semaine, sauf le lundi. Mais ceux qui sont allés communier (il fallait être à jeun depuis minuit) ont le droit de déjeuner à leur aise dans le local sous la salle des profs actuelle (local de musique): on leur offre même du cacao et des biscottes. La chapelle utilisée le matin se situe à l’endroit de l’actuelle salle audio 1. Il faut arriver avant 8h05, sinon l’infâme Cappelle ne note pas votre présence et vous ramassez vos deux heures de retenue comme un vulgaire brosseur. Je parle d’expérience! Certains sont dispensés de cette présence, car ils habitent hors des limites déterminées ou sont requis par le service de leur paroisse, ils sont cependant tenus d'assister à la messe quotidienne en paroisse: ils ont une carte de présence à faire signer chaque fois par le célébrant. Comme certains curés (ou vicaires) trouvent cette obligation excessive, ils signent parfois la carte d’un garçon absent ou dispensé par leurs soins. Mais Cappelle veille. J’ai appris qu’il lui arrivait de faire le tour des églises des environs à scooter (Zundapp) pour coincer les tricheurs: je vous laisse deviner les rapports que les jésuites devaient avoir avec certains curés des environs!
Nos cours commencent à 8h30 comme aujourd’hui, mais on a 2 heures de temps «libre» à midi (pas question de glander en ville, évidemment) et seulement 2 heures de cours après-midi : c’est toujours la semaine de 6 jours. On termine à 15h50.
L’église n’est utilisée par l'école que pour les grandes fêtes religieuses, en particulier durant la semaine sainte, et pour les confessions, qui se passaient durant les cours. Un surveillant vient prévenir que c’est le moment. Le défilé des classes est évidemment organisé pour ne pas perdre trop de temps. Ne vont se confesser que les volontaires, évidemment, mais c’est la majorité. A l’époque, il y a des confesseurs-vedettes, des rapides, qui sont très demandés et d’autres qui sont à éviter comme la peste: trop curieux, trop bruyants ou beaucoup trop longs!
A part les heures de flamand (comme on disait à l’époque), qui sont souvent des récréations déguisées, les autres cours sont sérieux. M. De Donder nous amuse parfois avec ses talents de comédien, mais c’est loin d’être fréquent. Je me souviens d’un cours en particulier où il ne riait vraiment pas: il a piqué une véritable colère parce que notre condisciple Demoulin regardait sa montre en bâillant (au premier banc en plus!). Il lui a hurlé dans l’oreille que c’était une offense personnelle. Demoulin était terrorisé. Nous aussi. Le cours de religion est parfois amusant: le père Willame nous apprend des chansons du père Duval («Qu’est-ce que j’ai dans ma p’tit’ tête à rêver comme ça le soir…», par exemple), sorte de précurseur masculin de Sœur Sourire. J’ai commencé à me méfier de lui quand il m’a un jour demandé de passer dans sa chambre. Il me prenait sans doute pour un adolescent précoce: il m’a donné un petit livre censé m’éduquer sexuellement… comme en 1957! Mais il n'a jamais été ambigu avec moi (ni avec les autres, je suppose). Je n'ai d'ailleurs jamais entendu parler de cas vécus.
Je fais un bon premier trimestre en 6e Latine, mais les résultats chutent à Pâques, en particulier en histoire, où je me paie un 15,9/40 (sic). Il faut savoir qu’à cette époque, seuls le français, le latin et la religion exigent les 50% de minimum. Dans les autres branches, la barre est à 40% (soit 16/40 pour l’histoire!). Rappelons que ces résultats doivent être atteints tant à l’année qu’au troisième trimestre seul. Je m’en sors finalement sans anicroche avec 71% de moyenne.
Cette année-là, maman s’y prend plus tôt pour me trouver un internat et c’est ainsi que j’atterris en 5e Gréco-Latine (qu'on écrit plus simplement 5LG)au collège Saint-Barthélemy à Liège, où je vais passer 8 ans de ma vie scolaire en comptant la Spéciale-Math et les 2 ans de régendat. Je n'aurai donc jamais le père Van Rijkevoorsel ni le père Lambotte, titulaires de 5e au Collège.
La seule fois où je suis revenu au 18 de la rue de Rome (oui, c’était depuis 1954 le 18 et non plus le 16), c’est pour aller chercher l’attestation de ma réussite en 6e Latine. Je suis tombé dans le bureau du préfet Nachtergaele en ébullition, je crois que se trouvait là le grand élève de Poésie Léon Bertholet (pourquoi? ) - un "pilier" du Collège que je retrouverai comme parent d'élève et actif chez les Anciens. 
Cette agitation provenait du fait que le recteur Coméliau avait eu un grave accident: il était passager dans le side-car de la moto que pilotait le frère Gérard Hullebroek (1900-1980
),
aussi gravement blessé.
Le recteur, je ne l'ai guère connu, était auparavant professeur de 3LG. Quant au Frère, Flamand d'origine (né près de Gand) – son accent ne trompait pas – et sacristain permanent de l'église du Sacré-Coeur, c'était un homme charmant qui connaissait tous ses «paroissiens». Comme il le disait, il était plus verviétois que la plupart des habitants de la cité lainière: il a vécu de 1936 à 1977 en nos murs. Voyez les photos ci-dessous (datant de 1966, année de son jubilé de 50 ans de vie religieuse) de ce jésuite simple et attachant dans le cadre de ses fonctions.
Petite anecdote: dans ses vieux jours, il prenait plaisir à réciter des tirades entières de Victor Hugo ou la totalité d'Athalie qu'il avait mémorisées autrefois.