publication cercle Emile Coue
L’Ecole agressée
En 1986, lors des accords de Val Duchesse, le ministre libéral et verviétois André
Damseaux porte un très mauvais coup à l’enseignement secondaire francophone. En pratique, il enterre le Rénové, il n’en fait d’ailleurs pas mystère dans une entrevue donnée au Soir cette année-là:
«La suppression de l'enseignement rénové, je l'aurais faite, même si cela n'avait entraîné aucune économie. Simplement par conviction politique. En l'occurrence, ce sont les exigences budgétaires qui m'ont permis d'atteindre cet objectif et non pas l'inverse.»
Les profs réagissent par des meetings et des manifestations bien tardives. Le Collège ira en car à une conférence organisée par le Libre au Palais des Congrès à Liège. Un de nos collègues tente de mettre de l’ambiance par des chansons qui ne sont pas vraiment de circonstance: ça fait trop excursion! Certains n’apprécient vraiment pas.
Il y a tellement de monde devant la salle de conférence que certains profs du Collège et de Saint-Michel se retrouvent, joyeusement d’ailleurs, dans un… petit café liégeois. C’est l’époque du Damseaux, salaud, le peuple aura ta peau et de Deprez, Judas, le peuple
s’en souviendra. On ne pardonne pas au PSC (dont le président est Gérard Deprez; à droite) de soutenir un gouvernement qui abandonne son école.
Courageusement, Eric Dethier et Philippe Dejong iront sonner chez Damseaux pour lui expliquer les conséquences néfastes de son projet: ils seront reçus sur le pas de la porte, mais le politicien ne paraît pas très sensible aux arguments des professeurs.