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publication cercle Emile Coue

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SOUVENIRS (26)

Quelques membres du personnel

Je voudrais rendre ici un hommage à quelques personnes qui font partie du personnel non enseignant. Tout d’abord, j’ai connu Monsieur Jacques Braham, qu'on appelle M. Jacques, Ensivalois qui servait à table les jésuites et les quelques profs laïcs prenant le dîner chaud. C’était un homme d’une Bietton-Jean-1980.jpg grande gentillesse et d’une modestie étonnante, souvent stressé par les impératifs horaires. Il n’était jamais aussi heureux que lorsqu’on lui parlait simplement, à cœur ouvert.

J’ai eu très peu de rapports avec le chef du personnel, Jean Bietton (Monsieur Jean), et avec son frère Georges, le cuisinier. Ils étaient en fait attachés à la communauté jésuite. Jean y est arrivé en 1933 pour la quitter 47 ans plus tard!
Je ne sais que ce que j'ai lu dans La Toque-Anciens de mars 1981 à l'occasion du départ à la retraite de Jean (18 décembre 1980). J'en extrais quelques lignes signées par le père Bodaux:



«M. Jean faisait vraiment partie de la communauté,

Il partageait nos joies et nos peines.

Aux grandes fêtes, aux dîners d'apparat, aux jubilés nombreux,

Il veillait à la parfaite ordonnance du service.
Impeccablement vêtu de blanc, il veillait à tout discrètement
Pendant quelques années, il fut le bras droit du Père Claude
En tournant les films dans l'ancienne grande salle.
C'était une occupation absorbante,

Mais comme on le voit dans l'album du Centenaire,

Il s'en acquittait avec le sourire.»

Succédant au serviable, mais souvent stressé, M. Breuer, M. Bosc, sympathique méridional à l’accent fleuri, est issu du Tarn. Il arrive au Collège en 1975 pour y occuper la porterie qui donne dans le porche Bosc-1978.jpg
d’entrée de la rue de Rome. C’est donc la première personne que les visiteurs non habitués rencontrent. Voilà un personnage beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Petit de taille, il rendra de grands services au Collège et en particulier à nous, les enseignants. Surtout lorsqu’on lui donnera la responsabilité d’utiliser en exclusivité la nouvelle photocopieuse qui restera à demeure dans son antre. Imaginez que cet homme – debout pratiquement toute la journée
– faisait les photocopies de tout le Collège et les tournait à temps en respectant scrupuleusement les souhaits de chacun: un homme en or, je vous dis. Pourtant,  il sera licencié en 1987 pour des raisons économiques.

Sollicité à ce moment par ce brave homme qui se donnait corps et âme pour son Collège, j’ai cru bon de soulever son cas au Conseil d’administration (puis-je en parler? Je suppose qu’il y a prescription) pour le défendre: j’ai été poliment remis à ma place. L’ère de la dépersonnalisation vient de commencer rue de Rome. Il ne faudra plus attendre longtemps pour avoir des grilles et des cadenas un peu partout: sécurité oblige, dit-on! Peut-être, mais je peux vous dire que l’accueil au Collège, déjà plus très fameux quand je l’ai quitté en 2005, en a encore pris un fameux coup depuis. En est-on vraiment conscient en haut lieu?

L’homme d’entretien – ou l’homme à tout faire – s’appelait Lucien Lincé quand j’étais jeune prof. C’est en décembre 1989 que Lucien a pris une retraite bien méritée après 35 ans de bons et loyaux services. Cet  homme charmant, doué d’une bonne dose d’humour, termina sa carrière dans un état de santé assez précaire. J’avais, comme chacun je crois, de très bonnes relations avec lui.

Il fut remplacé par Auguste Brugnerotto (papa d’Isabelle), grand gars un peu lymphatique, qui ne refusait jamais un coup de main, même s’il n’était pas tenu de le faire. Pour ma part, je n’ai qu’à me louer de ses services. Il ne lui fallait pas trois semaines pour remplacer un tube défaillant ou réparer une serrure récalcitrante. Je l’ai toujours considéré comme un copain. Sans vouloir critiquer ­– je n’étais pas dans le secret des dieux –,  j’ai regretté son licenciement. Pour moi, il restera toujours un copain.

Avec Freddy, j’ai eu moins de rapports, mais ils furent toujours cordiaux. Je le trouvais fort efficace lors des soirées de profs. Quant aux femmes d’ouvrage (je connais juste le nom de Madame Weber), elles font preuve d'une gentillesse qu’on ne peut passer sous silence. Je me rappelle aussi Madame Barras, une de mes anciennes clientes (de la boulangerie) à Andrimont (rue Pierre Pire), maman de Georges, que son père entraînait à vélo pour le faire maigrir. Vrai petit boulet à l'âge de 10 ans, la risée de ses copains, Georges deviendra coureur professionnel dans l'équipe d'Eddy Merckx!

Je devrais aussi parler de Marie-Françoise Duckers­ – c’est sans doute la Duckers-MF-1977.jpg personne qu’on a le plus méprisée au Collège quand elle a repris du service. La direction a tout fait pour la persuader de continuer à rester ...  chez elle! Evidemment, durant son absence, le métier avait changé, l’informatique était passée par là. Moi, je la trouve très serviable et toujours de bonne humeur, même si elle panique très vite, craignant à tout moment les reproches de l'un ou l'autre. Je ne suis pas son chef hiérarchique, donc je ne réagis pas comme lui. En tout cas, je trouve qu’elle n’a pas toujours la considération qu'elle mérite. Chaque fois que je l’ai sollicitée pour les Vieux Loups Verts (Amicale des retraités du Collège), elle a réagi exactement comme je l’espérais: avec gentillesse et efficacité.

Sabine Simon est une personne très efficace! C’est une employée compétente. En tout cas, elle est très près de ses (?) sous. Il faut savoir la prendre, dit-on. Simon-Sabine-2003.jpgEffectivement, elle est capable de contacts agréables. J’en suis témoin. Mais elle manque parfois de souplesse dans ses rapports humains. Cela grince de temps en temps avec son entourage: elle n’est pas facile, comme on dit chez nous, mais reconnaissons que son job n'est pas de tout repos. En tout cas, c'est une collègue sur laquelle on peut compter. Courage, Sabine, n'oublie pas de sourire (tu sais si bien le faire), même si la vie n'est pas drôle tous les jours.

J’oublie sans doute des personnes qui aident à faire tourner le Collège, mais c’est vrai que je ne suis pas très observateur. En tout cas, je n’ai guère eu à me plaindre du personnel durant mes 38 ans de carrière à SFX. Ou alors, c’est que je suis plus atteint que je ne le pense par… par qui déjà?

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