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publication cercle Emile Coue

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SOUVENIRS (37)

2. Des nouvelles vocations

Il se passe des choses durant ces deux années. Mais ce sont parfois les événements les moins spectaculaires qui sont le plus significatifs. Ainsi, j’apprends par la revue du Collège que, de septembre 1987 à fin avril 1988, on ne compte que 20 jours de congé de maladie pour l’ensemble des 25 instituteurs de SFX1! Remarquables de santé, ces maîtres, direz-vous. Sans doute, mais cette statistique montre surtout qu’ils sont très motivés, car chacun sait que l’on s’absente plus facilement d’un travail désagréable ou lorsqu’on a le sentiment d’être inutile. En revanche, on ne quitte pas une tâche qui paraît importante pour un petit rhume ou une légère foulure, voire un bras cassé.

Tant que je pense à mes collègues, je signale que j’ai donné cours à cette époque à 13 de Bemelmans Pierre-Yves 87 leurs enfants : Pierre-Yves Bemelmans (fils de Liliane Schmits),












Valérie Leclercq (fille d'Henri), Daele-Renaud-87.jpg Marie-Pierre Lambrette, Stéphane Zinnen,

Lambrette-MPierre-87.jpg











Renaud Louis Françoise 88 Daele, Olivier Delobel, Florence Henrard,








Henrard-Florence-89.jpg









Dechene-Bene-88.jpg Gillot-Manu-89.jpg





Leclercq-Valerie-87.jpg Emmanuelle Gillot, Stéphanie Ernst, Bénédicte Dechêne, Françoise Louis , Philippe
 Jacquinet, et, durant un trimestre, Pierre Peeters dans la classe de  Pupuce.
Ernst-Stephanie-87.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 


 

Une douzaine d'enfants de collègues, c’est pas mal. Enfin, Il faudrait le leur demander  à eux, mais surtout à leurs enfants. 
Peeters-Pierre-87.jpg
Jacquinet-Ph-87.jpg

 

 

   

  Zinnen-Stephane-87.jpg

 










Et  j’ai aussi eu le plaisir d’enseigner en 3e Latine à ma future collègue Catherine Dourcy. Tous ces enfants étaient bien élevés, je me plais à le souligner.Delobel-olivier-nnn88.jpg
 


Janin-Franck-2009.jpg Durant deux ans (au moins), le scolastique Franck Janin prendra une grande place chez nous alors qu’il n’est même pas mentionné dans la liste complète du corps enseignant de notre maison. Il s’occupera de cours de religion dans le Secondaire, prendra une forte responsabilité dans l’aumônerie, animera une équipe CVX d’anciens élèves, s’investira Dourcy-catherine-1987.jpg dans les diverses liturgies proposées aux élèves, surveillera des récréations et sera un véritable moteur pour l’équipe d’animation pastorale.

Un fameux renfort. Il parait que Franck a passé 5 semaines en Inde durant les grandes vacances de 1988 : t:rès bien, les voyages forment la jeunesse!

Ce Français très avenant et proche des élèves sera rejoint par le Luxembourgeois Josly Birsens, licencié en histoire, qui vient de terminer sa troisième année de philosophie. Un pion –  pas dans le sens de surveillant! – important dans la dynamique collégienne; et un jeune jésuite en plus, ce n’est pas fait pour nous déplaire. 

Quelque temps après le départ du père Janin, (en 1990) nous serons nombreux à prendre le car pour assister à son ordination à Saint-Julien, église Birsens-Josly--88-n.jpgassez vaste de la capitale pour l'ordination de 7 nouveaux prêtres: un grand moment d’émotion.
















[Ajout lors de la relecture:
Je viens d'apprendre, ce 27 juillet 2011, que Franck est le prochain Provincial. Je crois que c'est un excellent choix. Je lui souhaite un apostolat fécond,  mais auissi le courage et la perspicacité que cette charge réclame].


3. Des vocations anciennes

Le vendredi 27 mai 88, l’école primaire dit merci au père Jacky Vincent,  qui abandonne ses cours de religion sans quitter la Communauté. Un monument s’efface. J’ai découvert le père Vincent dès mon arrivée en 1966. Préfet de discipline (on ne disait pas encore préfet d’éducation), il occupait alors le centre névralgique du Collège. Il sera le dernier jésuite dans l’ordre de succession de la terrible lignée des préfets omnipotents tels le glacial Wankenne et l’imposant Nachtergaele, qui deviendra recteur. Le père Vincent n’est pas de la même eau. Quand j’ai rencontré l’homme pour la première fois, j’ai eu l’impression de parler à un responsable de l’accueil, mettant rapidement les gens à l’aise. Mais dans la cour, devant les élèves, il me donna l’impression d’être comme un acteur qui se force à avoir l’air, mais qui n’a pas l’air du tout. Lors de la formation des rangs, son regard apparemment préoccupé passait juste au-dessus de la tête des élèves, pour impressionner, mais pas pour repérer un chahuteur ou un bavard (oui, à cetteVincent-Jeukenne-80.jpg époque, le silence était de rigueur dans les rangs). D’ailleurs, Jacky – comme l’appelaient ses intimes –  sera beaucoup plus proche des instituteurs et de leurs élèves. Ce n’est pas étonnant de le retrouver finalement comme professeur de religion de nos écoliers. Il sera aussi adulé par certains parents qui apprécieront sa gentillesse et sa disponibilité. Je crois que c’était un homme de bonne compagnie, un peu égaré dans le monde parfois guindé, individualiste et artificiel des enseignants du Secondaire. Je crois aussi qu’il attendait plus des étudiants qu’il devait parfois recadrer, à son corps défendant. Un adolescent est prompt à vous critiquer, Charlier-125.jpg mais très lent à vous remercier.

Le 29 juin de la même année, le père Georges Longrée, émigré depuis quelques années à SFX2, prenait sa pension, mais pas sa retraite: le père Charlier – le nôtre –, Provincial à cette époque, avait accepté que Geo continue l’animation religieuse rue de Francorchamps. Après, il commencerait une nouvelle vie active. Un éternel jeune homme !

Il faudra un jour que je tâche de dire tout le bien que je pense du père Charlier.
[Je le reverrai dans une circonstance un peu pénible: je lui avais demandé le 19 mars 2011 de venir (si possible) donner les derniers sacrements à Raymond Gaillard. Il n'a pas hésité une seconde. Nous sommes arrivés chez Raymond la veille de son décès.]

Le 16 juillet 1988, le père Bodaux, retiré à La Pairelle – centre spirituel ignatien (on ne dit plus jésuite !) – depuis quelques années, fêtait ses 70 ans de vie religieuse ! Je ne l’ai connu que sur le tard, quand il terminait carrière comme préfet des études : un homme d’une grande culture, professeur de rhétorique charismatique, qui fut même porté au pinacle par le très médiatique avocat Michel Graindorge dans un de ses livres  (La promenade des Récollets). Cet ancien élève, devenu communiste et agnostique Bodaux-rh-59-n.jpg en pleine rhéto, écrivit des mots magnifiques sur son professeur de rhétorique, louant à la fois sa grande culture et son ouverture d’esprit.

Personnellement, j’aimais bien aller dans sa chambre, enfumée par son perpétuel cigare, pour lui donner un coup de main dans la confection des horaires. J’entends encore son caverneux « ouais » qui répondait à mon toc-toc délicat. Il faut dire qu'il n'était pas très populaire chez les instituteurs qu'il ne saluait pas volontiers (péché d'orgueil?).
Cet homme bourru, je ne l’ai vu sourire que  lorsque Jean Gillot lui offrait un cigare, - ainsi qu'au père Baumal -, son péché mignon. Pourtant, il savait, sans manières et presque sans paroles, communiquer une véritable chaleur humaine. Je le revois à moitié couché dans son relax, tétant goulûment son cigare qu’il soutenait de la main gauche, le bras droit à moitié replié dans son dos, sans doute pour soulager un "méhin" quelconque... Il observait avec une mine mi-boudeuse, mi-résignée, le tableau des fiches multicolores ornant tout un mur de son bureau. Je me revois encore sollicitant son avis à propos d’un article que j’avais commis dans la Revue des Parents, bafouille que je croyais immortelle. Son seul commentaire fut : « tu sais, ce qu’on écrit… ». Je n’en saurai pas plus. J’en ai déduit que c’était sans doute du niveau de ses élèves, sans plus. Une chose est certaine, c’est qu’il était sans concession: un honnête homme.

Le 24 août, le père Van der Biest  entrait Vdbiest-72.jpg dans sa 51e année de sacerdoce. Quand je le voyais à l’école, revenant de sa cure de campagne à Becco, il me répondait systématiquement, quand je lui demandais de ses nouvelles, « je crois que le Bon Dieu m’a oublié »…

M.Martiny, qui a donné longtemps la sixième A quand Van der Biest donnait la B, ne parvenait pas à Martiny Jacques 72 s’entendre avec lui sur la façon de donner le latin. Il me disait que ce jésuite avait une idée fixe: c’était de voir des textes, des textes, des textes, et encor e des textes.                                                                                  


 

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