publication cercle Emile Coue
3. La grande famille bouge
Mais au Collège, tout le monde ne ressemble pas aux pères Bodaux, Vincent ou Van der Biest et à leur discrétion en ces jours de fête. En octobre1987, nous avions connu deux secousses d’une sorte de tremblement de terre. C’est ainsi qu’on a vu ou revu, en la salle (comble) du Centre, le très médiatique et interpellant père Guy Gilbert: il faut aimer! Dans un autre genre, le préfet du parascolaire, profitant du passage d’un cirque à Verviers, faisait venir dans la cour du Collège 5 éléphants pour la plus grande joie de nos petits élèves. Ces pachydermes n’ont rien cassé, c’est déjà ça. Une bonne publicité pour le cirque et un bon souvenir pour nos écoliers.
Du côté des arrivées dans le corps professoral, Jean-Bernard Van Bossche vient donner la religion en Primaire à la place du père Vincent. C’est un bon investissement: le garçon est inventif et de bonne compagnie. On accueillera aussi dans cette même école primaire: Anne Chantrain (allemand), Evelyne Mélote et André Heeren (en 1987-88).
Dans le corps
professoral, rayon carnet rose, Dominique Willem gagne son pari contre Thierry Fraëys: il est le premier à se marier. La jeune Evelyne Mélote convolera avec le fils de son directeur, tandis que des nouveau-nés (et généralement futurs élèves: vive les priorités!) viennent grossir les familles des collègues suivants: Dominique Darimont (Sylvain Willems), Dominique Jost (Fanny), Joseph Kopetti (Samuel), Alain Halleux (Boris), Jacqueline Boldo (Claire Williquet), Gerdy Schmets (Thomas Hagelstein), Jean-Marc Charette (Marie puis Quentin),
Chantal Detrembleur-Fouquet (F
rançois) et Louis Bernard Koch (Pierre-Henri). Je m’aperçois que, 17 ans plus tard, j’aurai donné cours à 4 de ces 10 enfants.
J'aurais dû m'y intéresser plus tôt: "Pour apprendre le latin à John, il faut connaître John"! (John Dewey)
Léon Ernst, poursuivant sa reconversion, met en scène « Jeux de
Massacre » joué par des élèves. Je ne peux malheureusement rien en dire, car je n’y étais pas. Seul, Henri Defawes en parle dans la revue du Collège, avec un paquet de louanges à sa sauce et un zeste de regrets. Si c'était du niveau de "La conférence des Oiseaux", ça valait le détour.
Dans le sens de la "fertilité" du Collège, remarquons que les troisièmes de 88-89 donneront deux charmants couples, d’ailleurs toujours grands amis à l’heure où j’écris ces lignes : Pierre-Yves Bemelmans et Sophie Hoste d’une part, Alain Defrance (fils de Paul, un Ancien) et Françoise Reul (fille de mon copain de classe Paul, en 6e Latine A avec moi) d’autre part (photo du couple ci-contre). Ces couples SFXiens ont déjà enfanté des produits maison, si j’ose cette appellation par trop mercantile pour de charmants bambins. Du travail en perspective?
Restons dans le cadre de la fertilité: les profs du Collège sont-ils prolifiques? D’après les statistiques de notre Royaume, les femmes en âge de procréer ont un taux de fécondité moyen de 1,56 à 1,58 (ça fait bizarre 1,58 enfant!) durant les années 1988 et 1989. Après un savant calcul, j’en déduis que le Collège peut mieux faire. Voilà une action à promouvoir dans le cadre du recrutement. On pourrait promettre aux enseignants, inscrivant chez nous leur progéniture, un bel horaire (toutes les après-midi de congé, par exemple: Henri Héroufosse bénéficia de ce régime de faveur alors qu’il était célibataire et sans enfants!).Un peu d’imagination, que diable !
Rayon bougeotte, on organise ces années-là (et ça dure toujours) la trop fameuse opération Dauphin. Sous l’égide du sieur Defawes – décidément partout – les enseignants sont chargés d’emmener à la piscine communale voisine tous leurs élèves – de la première primaire à la rhétorique – suivant un horaire bien établi et généralement respecté. Il s’agit pour chacun de nager le plus possible de longueurs durant cette heure de cours réservée subitement à la natation. Comme chacun a dû se faire parrainer pour l’occasion, cela rapportera 300.000 FB à l’œuvre en question: le fonds de nos constructions! Vu l'immense succès (financier?), on remettra ça régulièrement, mais sous la direction d'Anne Quoilin.
Je trouve un peu choquant d’obliger chaque élève, durant les heures de cours (un jeudi et un vendredi), à nager pour rapporter de l’argent, fût-il destiné à soutenir l’effort financier nécessité par les nouveaux bâtiments. Il y a là une confusion des genres regrettable. J’aurais été militant laïque que je n’aurais pas raté l’occasion de dénoncer ce dérapage de l’enseignement catholique. Notez que, dans la foulée, on invitait les parents à faire pareil après les heures de cours: il n’y a pas de petit profit, mais celui-ci n'est pas suspect..
Cette somme récoltée était évidemment la bienvenue, d’autant plus que l’Etat intervient peu pour subsidier les bâtiments scolaires, mais la fin peut-elle justifier les moyens? En l’occurrence, je ne crois pas.
Le 27 mai 1988 aura lieu le traditionnel pèlerinage à Banneux (départ à 17h devant l’église de Pepinster), au succès variable, mais très loin de ce qu’on a connu quand c’était obligatoire, évidemment. Il sera plus tard ouvert aux cyclistes, une manière comme une autre de le rendre plus attractif. Quelques parents venaient – souvent en voiture – pour assister à la
messe à Banneux, qui précédait le barbecue chaleureux organisé par Jacqueline Parotte (Mme Massart) et quelques amis: un moment de franche convivialité.Je ne sais plus si on faisait sponsoriser le pèlerinage.
Le samedi (pas un jour de cours!) 26 mars 1988, l’équipe d’animation pastorale organise une marche de solidarité en faveur des projets de Carême. Je me souviens qu'à l'époque, je prenais un malin plaisir à me faire parrainer par tous mes collègues non marcheurs. Quand je ne marchais pas moi-même, je faisais le même coup avec la feuille d'un élève participant. Moralement, ils ne pouvaient pas refuser quelques francs par kilomètre, même si ce n’était pas mes souliers qui s’usaient… Non seulement ils me payaient, mais souvent ils s'excusaient de ne pouvoir participer!
C’était tout de même plus facile que de vendre des calendriers pour les jeunes du REFC Lambermontois!
c'est à ce moment-là (je crois) que j'ai découvert un nouveau collègue, Michel Gaspard, jeune professeur de religion qui allait faire carrière à
Saint-Roch (Theux).
Chez les Anciens, ça bouge aussi. Le père Richard Dedeur, successeur du père Bodaux en tant qu'aumônier, passe la main au père Daniel Sonveaux, depuis peu professeur de Rhéto au Collège: nous sommes le 1er septembre 1989, c'est une décision du père Jean Charlier, provincial. On ne discute pas ses ordres, mais on peut apprécier..