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publication cercle Emile Coue

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SOUVENIRS (39)

5. Une école primaire en plus

Avant d’aborder la nouvelle construction dans le jardin des Pères, je voudrais mentionner un classique de l’année scolaire qu’est devenue la journée sportive, à laquelle les élèves tiennent énormément. Mais aussi une initiative d’André Zinnen, qui a l’habitude d’en prendre. Mais, cette fois-ci, ce n’est pas dans le domaine informatique.

Le vendredi 20 mai 1988, après les cours, André part en pèlerinage à Banneux avec ses 18 élèves. Mais ils ne reviennent pas à Verviers comme d’habitude : ils s’arrêtent à l’Accueil Saint-François d’Ayrifagne où ils participent d’abord à une Eucharistie avant d’organiser une veillée. Ils passeront la nuit dans cet environnement champêtre avant de réintégrer leur domicile pleins des souvenirs dePrimaire-17-mars-12.JPGcette journée qui est un peu comme une retraite avant l’heure.

Elle aura mis du temps à sortir de terre, cette belle construction. Mais tout arrive à qui sait attendre. Le 20 septembre 88, les plus petits de nos Primaires ne sont pas peu fiers d’étrenner  le nouveau bâtiment construit spécialement pour favoriser la convivialité. Le 22 octobre, date de l’inauguration officielle, les visiteurs sont un peu surpris de voir de grandes pièces ouvertes en lieu et place Primaire-jardin-12.JPGde locaux de classe de taille standard. Le tout-en-béton ne choque pas, on est maintenant habitué aux préférences de l’architecte Fettweis (père de notre collègue Christophe). En fait, c’est d’une nouvelle école primaire que se dote Saint-François-Xavier. Cet édifice est somme toute un bel instrument pour les petits et leurs professeurs, mais aussi un beau cadeau pour leur chef d’école Herbert Dechêne, qui ne cache pas sa joie. 

 

 

 

Et, pour que le Secondaire ne soit pas en reste, un nouveau laboratoire de physique s’ajoute à ceux de chimie et de biologie. La géographie et l’histoire auront désormais leur local Prim-Bassin.JPGspécialisé: une évolution nécessaire.

(dernière photo: le parking et le mur du bassin vus du jardin des primaires)


6. Premier voyage en Angleterre

En 4e, Jean Arnould a une classe très vivante et très entreprenante. En particulier les deux Marie (Sarlet et Delooz), qui lui proposent tout à trac d’organiser un voyage en Angleterre. Jean est un peu surpris, mais comme il aime les élèves qui prennent desLondres-Arnould-J-2.jpg initiatives, et qu’il connaît bien l’Angleterre où il a vécu une année entière, il trouve l’idée séduisante et leur dit textuellement: je veux bien, mais vous devez tout organiser ! La balle est dans leur camp. Mais elles sentent bien que le prof mord à l’hameçon. Elles prennent la balle au bond et reviennent quelques jours plus tard avec des propositions de séjour ; mais très (trop) chères, plus de 5.000 FB par élève, en 1989! Arnould fait comprendre que la proposition est trop coûteuse et prend le relais. Londres-Arnould-1.jpgLa Providence assiste cette classe d’anglais, car, quelques jours plus tard, le prof reçoit dans son casier une publicité, venant de nulle part, pour un organisme spécialisé justement dans les séjours en Angleterre et à des prix très abordables. L’enthousiasme du prof n’a rien à envier à celui de ses élèves. Toute la classe (les Bemelmans, Hoste, Willem, Defrance, Reul et compagnie) est maintenant à l’unisson des deux Marie. Via cet organisme (LHS Travel group), Jean entre en relation avec les familles susceptibles d’héberger nos apprenants. Comme il a carte blanche pour le programme sur place, le projet est ficelé en deux temps, trois mouvements et l’autorisation du directeur est accordée séance tenante : Delobel a toujours encouragé les profs qui prenaient des initiatives de ce type.

C’est ainsi que ce fameux voyage en Angleterre proposé chaque année à tous les élèves de quatrième – en profitant généralement du congé de l’Ascension – a démarré.

Arnould-fanfare.jpg Dix ans plus tard, le voyagiste sera repris par Twinschool, qui laissera les mêmes possibilités à l’entreprenant Jean Arnould, lequel saura s’entourer d’année en année d’une équipe bien soudée, capable d’encadrer plus de 120 élèves en plein Londres, métro inclus. Pour ne pas se perdre, tous les élèves possèdent un sac identique, couleur comprise, les accompagnateurs ayant une autre couleur.

Ci-contre, Jean Arnould lors du retour de son dernier voyage en Angleterre, en mai 2003.

Cette activité, vite devenue un incontournable de la quatrième, laisse généralement un souvenir merveilleux dans la tête de nos élèves.

Jean dirigera la manœuvre chaque année jusqu’à sa retraite en 2003 (voir Souvenirs 117).

Ce voyage annuel continue aujourd’hui sur sa lancée; Karina Baggen en est la coordonnatrice.


 

7.  Erich Alard rejoint le père Fafchamps

 

Fafchamps--Cardol.JPG

 







Ancien aumônier des Raphaëlistes, ancien aumônier fédéral Fafchamps-Lucien-1988.jpgde la J.O.C. à Verviers, le père Lucien Fafchamps (voir Souvenirs 14), né à Liège en 1903, a rejoint la cité ardente pour y rendre son dernier souffle en janvier 1988. C'est sans doute le plus joyeux des jésuites que j'ai rencontrés à Verviers.
Lui qui riait volontiers à gorge déployée s'en va sur la pointe des pieds.
 



Arrivé au Collège en septembre 1954
– j'ai donc dû le connaître quand j'étais élève – , Erich Alard a passé  30 ans de sa vie au Collège. Je l'ai toujours connu en  IVe primaire. A peine pensionné, il s'est  retrouvé "aux vieilles gens", au Châtelet à Andrimont. Sa santé l'immobilisera là-bas, abandonné de presque tous, jusqu'en ce triste mois d'avril 1989.
Erich, fumeur invétéré (comme bien d'autres)
était un "vieux de la vieille" fort sympathique et toujours de bonne humeur. Il m'interpellait volontiers lors de nos rencontres à la salle des profs par une petite pique bien sentie: il savait que j'entrais volontiers dans son jeu.  Voilà un collègue avec lequel j'avais des atomes crochus sans bien savoir pourquoi.
Sa réputation était assez sulfureuse, c'était, disait-on, 
 un joyeux guindailleur dans ses premières années profes
 sionnelles. Mais il était bien autre chose, pour ses élèves.
"Erich raffolait de l'analyse, raconte le R.P. Vincent, et Dieu sait combien de leçons il a préparées, données et corrigées avec soin et avec ardeur. Il décorait son tableau dupremier au dernier jour de l'année scolaire avec la liste alphabétique de tous ses disciples; en regard: trois colonnes qui condensaient l'essentiel, selon Erich, de la vie dans une classe de 4e:
Application - Discipline - Exactitude."
Alard-Erich-n.jpg
Je me rends compte aujourd'hui (il est presque temps!) que j'aurais pu aller le voir de temps à autre: mea culpa, Erich.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Au revoir, M.Dechêne 

Dechene-retraite-juin-89.jpg

"Herbert Dechêne allait nous quitter après 30 ans de service au Collège où il sut gagner la sympathie et l'estime des petits et des grands par son sens de l'accueil, la qualité de son écoute, le sérieux de son travail, sa disponibilité, son dynamisme et...son sourire." Ainsi s'exprimait Fernand Poumay à la fin du mois de juin 1989.

C'était le début de l'après-midi festive destinée essentiellement aux élèves et à leurs parents. Et aussi à quelques anciens condisciples d'Herbert, jeune homme de 50 ans seulement. C'est le dernier à pouvoir profiter de ce qu'on appelait l'Ancien régime dans lequel certains fonctionnaires comme les gendarmes et les instituteurs, par exemple, pouvaient prendre leur retraite après 30 ans de service.  Je fus surpris de voir là-bas Alfred Cormann, prof d'allemand, qui avait donc côtoyé Herbert sur les bancs de l'Ecole Normale.

Présent dans la salle du centre, plus en curieux qu'en invité, je mesurai la fraîcheur et l'enthousiasme des ces "chères petites têtes blondes": impensable en Humanités! 

Je ne résiste pas au plaisir de recopier le poème composé par un enfant à cette occasion:Cormann-Alfred.jpg
 - M.Dechêne, c'est une merveille
                        c'est un vrai soleil
                        il nous tend toujours l'oreille.

Quant aux sketchs présentés sur la scène, c'était d'une qualité étonnante; la scène finale avait été imaginée, paraît-il, par deux parents: Anne et Marc Gillet, dont j'aurai quelques années plus tard les 3 enfants.Tout se Dechêne Herbert 5 prim B terminait autour de la table eucharistique, évidemment.

Cet après-midi? De la joie, rien que de la joie!

J'ai appris par la presse (article signé F.Hauglustaine) que le matin même, Herbert et son épouse (Ida) avaient été littéralement enlevés de son domicile de Polleur sur le coup de 13h30 par Henri Defawes "Il a été chaleureusement accueilli sur le parvis de l'église de Mangombroux où l'attendait une magnifique calèche escortée par une dizaine de voitures arborant un fier good luck, allusion directe à la future carrière de M.Dechêne", qui n'a guère que 50 ans. Il travaillera désormais dans le mobilier. "L'arrivée quasi triomphale à SFX s'est faite par le parc Fabiola où attendait une impressionnante haie d'honneur, qui a conduit le récipiendaire et son épouse Ida" dans la salle salle du cinéma Le Centre.

Le soir, ses collègues – en particulier Joseph Kopetti (cinéaste amateur) et Dominique Jost (amuseur quasi professionnel) – s'employèrent à terminer la fête en apothéose. Quelle fête!

 

9. La chute du mur de Berlin

Le 9 novembre 1989 est incontestablement une date qui figurera dans tous les livres d’histoire à dater de ce jour. La chute du mur est comme un séisme dans le bloc de l’Est qui commençait à se lézarder en Pologne sous l’action tenace d’un certain Lech Walesa. Il n’empêche, quelque temps auparavant, nous avions encore des politologues avertis qui prétendaient que l’empire communiste était éternel ou presque : le communisme n’est pas recyclable – comme disaient certains –, on n’a jamais vu un état communiste s’ouvrir à un système plus démocratique. Et puis l’histoire des SS20 pointés sur le cœur de l’Europe avait laissé des traces dans l’imagination de tous les Européens de l’Ouest. Oui, cet événement a pris tout le monde de vitesse et a ébranlé les consciences en donnant un vent d’optimisme inespéré à l’Ouest comme à l’Est. 

Voilà que les examens de Noël de nos potaches sont ramenés à de plus justes proportions, qui s’en souviendra encore dans 5 ans? Evidemment, il faut quand même les réussir.

Si l’enthousiasme est grand chez nous, on peut en même temps être assez inquiet : comment tout cela va-t-il finir ? Les Soviétiques laisseront-ils faire ou reprendront-ils la main, chars à l’appui, comme ils l’ont déjà fait à Budapest et à Prague : on retient son souffle en pensant que les troupes du Pacte de Varsovie sont, sur le territoire de l’Europe, incontestablement supérieures aux troupes occidentales stationnées chez nous. Et puis, comment cela va-t-il se passer entre les deux Allemagne ? On parle déjà de réunification, mais Mitterrand émet un avis défavorable : il ne faut pas recréer une grande Allemagne, un Reich! Bref, la politique envahit toutes les conversations: le Collège n’est pas en dehors du monde. Mais l’optimisme domine, incontestablement. Oui, on vit des années fertiles en événements.


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